L’Assemblée nationale s’apprête à débattre, à compter du 4 mai, du projet de loi Grenelle 2 portant « Engagement national pour l’Environnement ». Ce texte, qui comporte des avancées importantes pour le droit de l’environnement, comprend aussi des dispositions de nature à paralyser totalement le développement de l’énergie du vent et ce, en contradiction avec les objectifs du Grenelle. Analyse.
Des dispositions éolicides. A la suite du rapport de la Mission parlementaire sur l’éolien présidée par M. Patrick Ollier, le projet de loi Grenelle 2 a été enrichi en Commission de plusieurs dispositions qui, si elles devaient être adoptées bloqueraient les projets d’implantation des éoliennes.
Ainsi, la création et l’exploitation d’un parc éolien terrestre :
- supposeraient une nouvelle procédure d’autorisation lourde au titre de la police des installations classées en plus de la procédure du permis de construire actuelle;
- seraient interdites à moins de 500 mètres de toute habitation ou de « zone destinée à l’habitation » autant dire presque partout;
- devraient nécessairement constituer des projets de plus de 15 MW;
- devraient être conformes à une myriade de documents de planification contraignants : PLU, ZDE, schémas régionaux éoliens…
- procéderont d’une procédure de création de zones de développement de l’éolien (ZDE) plus lourde devront obéir à des règles de constitution des garanties financières plus contraignantes;
- seront impossibles, passé le 31 décembre 2011, si les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie ne sont pas approuvés avant cette date.
Ces dispositions rendront plus longues et plus complexes les procédures d’autorisation qui durent déjà plusieurs années, soit 4/5 ans en moyenne. Par ailleurs, alors qu’aucune éolienne n’a encore jamais été installée dans les eaux territoriales françaises, le cadre juridique relatif à sa planification s’alourdit sans délai précis pour sa finalisation.
Cela paraît d'autant plus contradictoire que la France s'est politiquement engagée dans le « Memorandum of Understanding » de décembre 2009 sur la construction d'un réseau électrique sous-marin interconnectant les pays de la Mer du Nord. De telles dispositions ne sont pas en mesure d'assurer un climat de confiance à moyen terme permettant d'engager des investissements tant dans le développement de nouvelles technologies que dans les infrastructures de transport d'électricité.
Un objectif de développement d’ores et déjà compromis. Il faut rappeler que la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 de mise en œuvre du grenelle de l’environnement prévoit un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans notre consommation finale d’énergie. Un arrêté du 15 décembre fixe à 11 500 MW au 31 décembre 2012 (dont 10 500 à partir de l'énergie éolienne à terre et 1 000 MW à partir de l'énergie éolienne en mer et des autres énergies marines) et à 25 000 MW en 2020 l’objectif de puissance installée. Or nous n’en sommes qu’à 4590 MW aujourd’hui… Selon le MEEDDM, un tel objectif requiert l'installation de 8 000 éoliennes, toutes puissances confondues, soit 5 à 6 000 de plus qu'à aujourd'hui.
Des mesures grenello-incompatibles. Les acteurs du Grenelle de l’environnement, avaient voté à l’unanimité, au sein du Comité opérationnel n°10 consacré aux énergies renouvelables, contre la soumission des éoliennes aux règles de la police des installations classées, applicables aux activités industrielles. Il est surprenant qu’un projet de loi destiné à mettre en œuvre le Grenelle de l’environnement comporte une disposition clairement contraire à la volonté de ses acteurs. Notons également qu’un rapport du Conseil général des Mines de juillet 2004 consacré à la « sécurité des installations éoliennes » écartait l’hypothèse d’un classement ICPE des éoliennes.
Une mauvaise réponse à de vraies questions. Ces dispositions éolicides sont une bien mauvaise réponse aux questions concernant un développement "à haute qualité environnementale" des énergies renouvelables tel que défini par le MEEDDM dans son plan prévisionnel des investissements de production d'électricité 2009-2020. Le ministère y plaidait en faveur d'un essor rapide de l'éolien, tout en respectant l'intégrité du territoire, les paysages, le patrimoine et la qualité de vie des riverains.
Ce sont à ces diverses attentes que devront répondre les élus qui, dans leur majorité, ne sont pas hostiles aux énergies renouvelables. Cet empilement de contraintes aura pour seul mérite de freiner le développement de cette énergie propre et de déplacer toujours plus le débat de l’espace public vers les tribunaux en raison de la multiplication des risques contentieux. Une illustration en est rapportée par le récent jugement du TGI de Montpellier du 4 février 2010 ordonnant la démolition de quatre éoliennes pour trouble anormal de voisinage.
Respecter un engagement européen. Le Réseau Environnement & Droit appelle les députés à repousser ces dispositions anti éoliennes et à engager une réflexion approfondie sur les moyens pour la France de respecter son engagement européen de simplification des procédures relatives aux énergies renouvelables.
Un tel engagement découle de la mise en oeuvre de la directive 2009/28/CE du 23 avril 2009 sur la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables. Aux termes de l'article 13 de ladite directive, les Etats Membres ont l'obligation de veiller à ce que les règles nationales encadrant les procédures d’autorisation, de certification et d’octroi de licences pour la production et le transport des énergies renouvelables répondent aux principes de proportionnalité et de nécessité, tout en oeuvrant à la coordination, simplification et accélération des procédures administratives.
Cela paraît d'autant plus contradictoire que la France s'est politiquement engagée dans le « Memorandum of Understanding » de décembre 2009 sur la construction d'un réseau électrique sous-marin interconnectant les pays de la Mer du Nord. De telles dispositions ne sont pas en mesure d'assurer un climat de confiance à moyen terme permettant d'engager des investissements tant dans le développement de nouvelles technologies que dans les infrastructures de transport d'électricité.
Un objectif de développement d’ores et déjà compromis. Il faut rappeler que la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 de mise en œuvre du grenelle de l’environnement prévoit un objectif de 23% d’énergies renouvelables dans notre consommation finale d’énergie. Un arrêté du 15 décembre fixe à 11 500 MW au 31 décembre 2012 (dont 10 500 à partir de l'énergie éolienne à terre et 1 000 MW à partir de l'énergie éolienne en mer et des autres énergies marines) et à 25 000 MW en 2020 l’objectif de puissance installée. Or nous n’en sommes qu’à 4590 MW aujourd’hui… Selon le MEEDDM, un tel objectif requiert l'installation de 8 000 éoliennes, toutes puissances confondues, soit 5 à 6 000 de plus qu'à aujourd'hui.
Des mesures grenello-incompatibles. Les acteurs du Grenelle de l’environnement, avaient voté à l’unanimité, au sein du Comité opérationnel n°10 consacré aux énergies renouvelables, contre la soumission des éoliennes aux règles de la police des installations classées, applicables aux activités industrielles. Il est surprenant qu’un projet de loi destiné à mettre en œuvre le Grenelle de l’environnement comporte une disposition clairement contraire à la volonté de ses acteurs. Notons également qu’un rapport du Conseil général des Mines de juillet 2004 consacré à la « sécurité des installations éoliennes » écartait l’hypothèse d’un classement ICPE des éoliennes.
Une mauvaise réponse à de vraies questions. Ces dispositions éolicides sont une bien mauvaise réponse aux questions concernant un développement "à haute qualité environnementale" des énergies renouvelables tel que défini par le MEEDDM dans son plan prévisionnel des investissements de production d'électricité 2009-2020. Le ministère y plaidait en faveur d'un essor rapide de l'éolien, tout en respectant l'intégrité du territoire, les paysages, le patrimoine et la qualité de vie des riverains.
Ce sont à ces diverses attentes que devront répondre les élus qui, dans leur majorité, ne sont pas hostiles aux énergies renouvelables. Cet empilement de contraintes aura pour seul mérite de freiner le développement de cette énergie propre et de déplacer toujours plus le débat de l’espace public vers les tribunaux en raison de la multiplication des risques contentieux. Une illustration en est rapportée par le récent jugement du TGI de Montpellier du 4 février 2010 ordonnant la démolition de quatre éoliennes pour trouble anormal de voisinage.
Respecter un engagement européen. Le Réseau Environnement & Droit appelle les députés à repousser ces dispositions anti éoliennes et à engager une réflexion approfondie sur les moyens pour la France de respecter son engagement européen de simplification des procédures relatives aux énergies renouvelables.
Un tel engagement découle de la mise en oeuvre de la directive 2009/28/CE du 23 avril 2009 sur la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables. Aux termes de l'article 13 de ladite directive, les Etats Membres ont l'obligation de veiller à ce que les règles nationales encadrant les procédures d’autorisation, de certification et d’octroi de licences pour la production et le transport des énergies renouvelables répondent aux principes de proportionnalité et de nécessité, tout en oeuvrant à la coordination, simplification et accélération des procédures administratives.




